Spécialité Communication & Média Interview de Olivier Aïm
Responsable de la licence Information Communication - Celsa
L’homme a vraisemblablement été depuis les débuts de son
histoire un être sémiotique, producteur et récepteur de
messages, et de ce fait la communication est liée à lui. Il est
donc tout à fait compréhensible de suivre ses mutations au fil
de l’évolution humaine, et nécessaire de comprendre que la
communication n’a rien du caractère accessoire qu’on lui prête
encore trop souvent.
L’essentiel à savoir
Depuis un bon nombre d’années s’opère une réelle prise de
conscience que les métiers de la communication ont un rôle
de plus en plus stratégique dans l’entreprise, intimement lié
à la prise de décision. C’est une tendance que le CELSA a
anticipée depuis une cinquantaine d’années et qui lui a permis
d’adapter ses programmes à l’actualité. Pour Olivier Aïm,
la communication ne doit pas être cantonnée à la seule dimension
parfois jugée comme frivole des métiers de l’image,
mais aussi sur les sciences humaines et sociales, à travers un
fort contenu théorique qui sous-tend toute action pertinente
dans le domaine.
Ce qui unifie les métiers de la communication, c’est la prise
en compte du fait que les activités économiques, industrielles,
logistiques en général, et toutes celles qui font partie de
l’entreprise en particulier, sont travaillées par des logiques
de sens. D’un point de vue à la fois théorique et pratique,
la communication vise à rétablir toute la complexité du message
: par quel dispositif intervient-il, comment est-il reçu…
Trois mots permettent de faire comprendre la communication.
Relation, pour comprendre comment se construit la
relation émetteur et récepteur. Influence, pour savoir comment
les messages passent et les idées se communiquent.
Circulation, afin de saisir les processus de fabrication puis de
diffusion et de transformation des messages. Selon une opposition
qu’on pourrait être tenté de faire avec les processus
économiques et stratégiques, l’enjeu de la communication se
joue donc dans une dynamique loin d’être superficiel...
La communication et ses métiers reposent en vérité sur le
sens de l’analyse, sur des qualités d’expression sous toutes
leurs formes, et sur la compréhension de l’autre. Tous les
métiers de la communication sont traversés et redéfinis par
l’évolution des supports. Par exemple, le développement de
réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, qui participent
de diverses injonctions sociales et/ou technologiques, est
essentiel à prendre en compte et à mettre en perspective
pour le futur communiquant. Celui-ci doit être au fait des
innovations techniques, sémiotiques et technologiques, tout
en sachant les questionner.
Les nouveaux médias, notamment les « medias informatisés
», nécessitent de se former à leurs spécificités, et c’est
une optique à laquelle est attaché le CELSA. L’école tente
en effet de transmettre la réalité des nouveaux métiers et
des nouvelles pratiques, mais aussi d’amener les étudiants à
prendre du recul pour comprendre et analyser la construction
de messages : dans la communication en définitive, il
s’agit avant tout d’établir ou de rétablir les profondeurs des
dispositifs.
Les clés de l’orientation
Les métiers de la communication nécessitent un grand sens
de l’analyse, de l’écoute, de la réflexion. Les clés de la réussite
reposent donc sur ce type de qualité, ainsi que sur une
bonne expression écrite et orale, et une réelle capacité à
transposer ses qualités intellectuelles et littéraires ou scientifiques
de départ aux objets contemporains qui nous entourent.
Les étudiants doivent être curieux et aimer s’informer
de tout.
Ce secteur ne cesse de se redéfinir, de se redéployer, il est
profondément traversé par des mouvements innovants en
termes de métiers. Si certains champs se ferment, ils laissent
la place à de nouveaux métiers qui s’ouvrent et se redéfinissent
: la communication est dotée d’une forte capacité de
reconfiguration.
Le conseil que donnerait Olivier Aïm à un étudiant qui
voudrait s’engager en communication : « qu’il lise, qu’il ne
considère pas qu’il va vers un métier de la seule surface, la
culture est indispensable, au sens le plus large du terme ».
En intégrant le CELSA, vous pourrez ainsi par exemple
concilier tradition humaniste de la Sorbonne et ouverture
à l’environnement actuel des individus, des médias et des
organisations.
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