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Oraux des écoles de commerce : Robin MORTH nous explique comment réussir son entretien de motivation

Article du 10/04/2018 par Nathalia Kapferer

Oraux des écoles de commerce : Robin MORTH nous explique comment réussir son entretien de motivation

Nombreuses sont les écoles de commerce à avoir revu les oraux de leur concours d’entrée. Des épreuves spécifiques qui demandent une longue préparation. Robin MORTH, directeur opérationnel de l’institut de préparation PGE-PGO, a sorti « Le grand guide des entretiens de motivation » (chez Ellipses, 24,50 euros). Ce guide est consacré aux entretiens de motivation des écoles de commerce post classes préparatoires et en admissions parallèles (AST). Robin MORTH a étudié les épreuves des 15 premières écoles d’après l’indicateur SIGEM.

Egalement membre du jury de concours dans plusieurs écoles, il nous délivre les nouveautés et ses précieux conseils pour réussir.

 

Eduniversal : Quelle évolution observez-vous au sein des écoles ?

Robin MORTH : Même si cette évolution n’est pas récente, on sent une vraie volonté des écoles et des jurys de mettre l’étudiant dans des conditions optimales, matérielles comme psychologiques. On est loin de l’époque où les entretiens étaient beaucoup plus éprouvants pour les candidats. Là, le jury cherche à les connaître en les mettant à l’aise.
 

E. : En termes d’épreuves, qu’est-ce qui a changé ?

R.M. : Récemment, presque toutes les écoles ont fait évoluer leur format d’entretiens. Auparavant, tous les entretiens quasiment avaient le même format : 20 à 30 minutes d’échanges libres avec le jury.

Maintenant, chaque école a son propre format et ses spécificités : interview inversée à Grenoble EM, sujet tiré au sort à Audencia, mises en situation à l’ESSEC, questions en anglais à l’ESCP, oraux collectifs à l’EDHEC et Rennes Business School, questions tirées au sort à l’EM Lyon, apport d’un objet à Strasbourg EM, débuts de phrases à compléter à Montpellier Business School, commentaire d’un article à Toulouse Business School, histoire à raconter à partir de cartes chez ICN, questionnaire écrit à l’ESCP Europe et NEOMA Business School.

 

E. : Quels sont les conseils pratiques que vous donnez dans votre guide ?

R.M. : Après avoir balayé plusieurs idées reçues qui ont la vie dure (« les timides n’ont aucune chance », « il faut adapter son projet professionnel à l’école que l’on passe »…), j’ai décortiqué les 42 questions les plus souvent posées, sur le candidat, l’école, l’actualité, les questions déstabilisantes… Pour chacune, je propose un exemple de question insatisfaisante et satisfaisante ainsi qu’une analyse.

Pour aider les candidats à choisir les écoles dont ils vont présenter le concours (car  ils ne savent pas trop comment s’y prendre pour chercher les informations), je présente 14 fiches d’identité d’écoles, avec des indications sur l’association des anciens, les partenariats, les associations, l’histoire de l’école, le directeur actuel, les campus à l’étranger.
 

E. : Donnez-vous des témoignages ?

R.M. : Oui, je laisse la parole à des étudiants « intégrés » et des membres du jury qui témoignent de leur expérience respective. L’opportunité de croiser les deux points de vue et de bénéficier de conseils inédits qui peuvent faire la différence.

 

E. : Quels sont les questions les moins bien préparées par les étudiants ?

R.M. : Les étudiants préparent en général mal les questions les plus importantes, paradoxalement. Ils pensent l’entretien comme un combat, une épreuve dans laquelle les jurys posent des questions déstabilisantes. Ils sont donc très bien préparés… sur les questions qui ne tombent jamais !
Par ailleurs, les supports écrits demandés par les écoles pour l’entretien (questionnaires, CV…) sont souvent bâclés sur le fond comme sur la forme par les étudiants. Au grand désespoir du jury qui voit cela comme un désintéressement total de l’étudiant pour l’épreuve et donc pour l’école.
Enfin, les oraux ont donc beaucoup fait évoluer leur format ces dernières années, en essayant d’introduire des parties qui sortaient de l’échange classique et formel «questions – réponses». De manière relativement logique, les formats les plus récents sont souvent mal compris et donc mal appliqués par les étudiants.

 

E. : Quelle attitude montrer aujourd’hui en entretien ?

R. M. : Les jurys voient passer chaque jour beaucoup d’étudiants, qui sont très stressés pour la plupart et souvent peu dynamiques. Cela lasse forcément le jury, quelles que soient les qualités du candidat. A l’inverse, un(e) candidate qui, malgré tous ses défauts, montrera du dynamisme, de la joie d’être là et une volonté de la partager avec le jury, sera fortement valorisé(e).

 

E. : Quelles sont les expériences « bien vues » ?

R. M. : En ce qui concerne les expériences, le jury s’en moque. On se doute qu’à 20 ans, aucune expérience n’impressionnera le jury en soi.

Cependant, ce qui peut impressionner le jury, c’est ce que le candidat aura appris de son expérience, la maturité avec laquelle il en parle. On peut d’ailleurs tirer les mêmes qualités d’un stage chez HSBC que d’un baby-sitting… Il y a aussi la manière d’en parler, les détails donnés, les anecdotes utilisées. Tout cela montrera que le candidat a effectué une réelle introspection.

Propos recueillis par Nathalia Kapferer

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